
La République Démocratique du Congo (RDC), bien que dotée d’une immensité de ressources naturelles diversifiées, peine à émerger comme leader dans la production de crédits carbone communautaires certifiés.
Des défis structurels en gouvernance, en droits humains, sur les aspects environnementaux, techniques et économiques entravent les initiatives, limitant l’impact des financements climatiques.
Depuis 2014, l’ONG ESPOIR POUR TOUS explore des modèles communautaires rentables pour l’adaptation climatique et l’Agenda 2030, aboutissant à l’approche écovillage. Cet article explore les défis majeurs de la certification du carbone communautaire en RDC et présente les écovillages comme une piste sérieuse de réponses techniques structurées à ces défis.
Les projets carbones en RDC souffrent d’illégalités généralisées, d’opacité contractuelle et de risques socio environnementaux, couvrant jusqu’à deux tiers des forêts sans régulation adéquate. Un rapport de Rainforest Foundation UK (2025) documente des violations systémiques, exacerbant conflits et greenwashing.
1.1. Gouvernance et Légalité
Les irrégularités foncières et la corruption minent la transparence, avec des contrats opaques en anglais engageant les communautés sur des décennies.
Evidement la dissociation des droits fonciers de la rentabilité carbone favorise la fraude.
1.2. Droits Humains et Sociaux
L’Accaparement des terres ancestrales exclut les populations autochtones, sans consentement préalable libre et éclairé (FPIC), générant menaces et compensations disproportionnées.
1.3. Risques Environnementaux et Sociaux
La perte d’accès aux forêts menace la sécurité alimentaire via chasse, la cueillette et l’agriculture ; elle est source de tensions communautaires qui s’intensifient généralement.
1.4. Qualité et Fiabilité des Crédits
La surestimation des réductions d’émissions, l’absence d’additionnalité et le greenwashing compromettent la durabilité des crédits6 .
1.5. Enjeux Économiques
Les bénéfices mal partagés, la volatilité des prix et les déficits infrastructurels (électricité, routes, eau ..)freinent la viabilité (cf le rapport NRGI, 2025).
Les écovillages intègrent l’agroforesterie, l’élevage et la gestion communautaire pour séquestrer le carbone tout en générant des revenus durables, alignés sur ODD 2 (faim zéro) et 13 (climat).
L’organisation ESPOIR POUR TOUS pilote un programme expérimental à Dibulu, Mingadi 1-2. Cette expérience est consolidée par celle de Nkundi (Luozi, via GER+), en sécurisant au moins 100 ha/village avec consentement multipartite.
Le programme SEA 4D (porté par le Consortium CFI-CRAFODEPT-FEM) étend les perspectives d’action à 70 villages et 30 000 ha sur 25 ans via terres communautaires agroforestières.
2.1. Gouvernance Renforcée
Les Processus participatifs avec contrats en langues nationales et la validation collective éliminent les illégalités ; les terres restent communautaires et auditables localement.
2.2. Protection des Droits Le FPIC intégral inclut les autochtones ; aucune expropriation n’est acceptable, les bénéfices directs via coopératives évitent les exclusions et les rétorsions.
2.3. Résilience Socio-Environnementale L’Agroforesterie mixte maintient l’accès aux ressources, booste la sécurité alimentaire ; crée des emplois verts et dissipe les conflits communautaires.
2.4. Crédits Fiables
Les Protocoles certifiés mesurent réductions réelles/additionnelles (ex. : VM0017 agroforesterie) ; audits indépendants locaux préviennent greenwashing/surestimation.
2.5. Viabilité Économique
Le bénéfice garantis aux communautés à 100% via la diversification, les énergies renouvelables décentralisées permettent de contourner les déficits infrastructurels, et stabilise revenus face à la volatilité.
En conclusion, les écovillages constituent un paradigme communautaire résilient, transformant les villages traditionnels en entreprises sociales autosuffisantes et créant des puits carbone certifiés.
Leur déploiement à échelle (avec le Programme SEA 4D) pallie les faiblesses structurelles actuelles, favorisant une gouvernance équitable, des impacts mesurables et une adaptation climatique inclusive. Un moratoire réglementaire sur les projets opaques, couplé à ce modèle validé sur le terrain, positionnerait la RDC en leader régional des solutions carbone communautaires.
LUC LUTALA KYAD’I Ambassadeur GEN AFRICA
Président de l’ONG ESPOIR POUR TOUS Fondateur de l’Université Holistique JUA +243 81 520 3199
lutalaky@gmail.com

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